La garde royale

Hey coucou clément !
 
AccueilPortailCalendrierGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Le recrutement est définitivement fermé car le clan s'est dissout. Merci à tous pour ces deux fabuleuses années - Murat
Sujets similaires
Connexion
Nom d'utilisateur:
Mot de passe:
Connexion automatique: 
:: Récupérer mon mot de passe
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 5 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 5 Invités

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 163 le Mar 10 Jan - 19:36
Derniers sujets
» MCFR
Lun 6 Juil - 22:32 par Murat

» De vos nouvelles 2015
Jeu 14 Mai - 12:55 par Friant

» Clan LVG - La Vieille Garde
Ven 24 Oct - 9:27 par Dragon_Flash

» cherche joueurs crusader kings 2
Ven 8 Aoû - 12:19 par Murat

» Etude de marché
Jeu 15 Mai - 22:11 par MacBernik

» Hearthstone
Dim 4 Mai - 18:38 par MacBernik

» C'est les vacances alors on profite...
Dim 27 Avr - 16:54 par Murat

» Rome et medieval
Jeu 13 Mar - 19:51 par Murat

» Candidature Dusart.
Mer 12 Mar - 14:26 par Murat

MUMBLE VIEWER
Nos membres
-Amadeus
-Ares
-Dragon flash
-Friant
-Guillaume
-Japancake
-Katsumoto
-MacBernik
-Murat
-Pandemic
-Shigeru
-Slokurn
-Soult
-Telnitz
-Tiger

Partagez | 
 

 la bataille du fort de Carillon

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Bernadotte



Messages : 419
Age : 21

MessageSujet: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 16:23

Introduction

Préoccupés par le fait que le Fort St Frédéric à Crown Point ne forme pas un obstacle suffisant à la menace croissante des Anglais sur l'axe vital du lac Champlain, les Français, sous la direction du Marquis de Lotbinière, ingénieur de la colonie, entreprennent la construction d’un fort plus grand à l’endroit où le lac George (lac St Sacrement pour les Français) rejoint le lac Champlain par la rivière appelée la Chute. Les travaux de construction débutent en octobre 1755.

Le site choisi contrôle l’accès entre la vallée de l’Hudson et le lac Champlain, route directe vers Montréal. Handicapée par la corruption de l'administration coloniale, la construction avance péniblement. Ainsi, à la mi-juillet 1756, seuls le corps principal et ses quatre bastions (d’une hauteur de quelques 5,5m) ont été érigés. A l’automne, le fort n’est toujours pas terminé quand une surprenante découverte est faite. A mesure que les arbres de la péninsule sont coupés les Français réalisent que l’endroit choisi ne verrouille pas convenablement la jonction entre les deux étendues d’eau: les canons du fort ne couvrent pas l'embouchure de la Chute, laissant libre l'entrée du lac à la navigation. Pour corriger cette erreur, une redoute est établie au sud-ouest du fort, plus près du lac. On lui donne le nom de « Redoute des Grenadiers ». En janvier 1757, le fort n’est toujours pas terminé. Il consiste alors en une structure incomplète faite de terre et de rondins, que l'on a montée de 36 canons de marine (communément utilisés dans les fortifications des colonies).

Mais la défense française réside encore dans l'attaque ciblée des principaux points d'appuis dont disposent les Anglais face au Canada, comme ce fut le cas lors de la campagne victorieuse de Montcalm à Oswego en 1756. La destruction de cet important poste de traite devait couper les liens des Anglais avec les Indiens du Pays d'en Haut (la Nouvelle-France, du nord du lac Ontario aux plaines de l'Illinois), en même temps que supprimer la menace navale pesant sur la voie d'approvisionnement de Montréal vers les postes de l'ouest et l'Ohio (dont le fort Duquesne est la clé).

Les plans de campagne établis par le Marquis de Vaudreuil (gouverneur général de la Nouvelle-France) pour 1757 enjoignent au Marquis de Montcalm de prévenir toute "invasion" pouvant venir de l'Hudson. Les Français frapperons donc le fort William-Henry, fraîchement élevé sur la rive sud du lac George. A partir d'avril, huit mille hommes (miliciens, troupes de la marine, réguliers et Indiens) sous les ordres du Marquis de Montcalm se regroupent au fort Carillon et au fort St-Frédéric. Ils descendent en juillet le lac George et après un siège en règle, la garnison (forte de 2500 hommes) capitule et obtient les honneurs de la guerre, trop heureuse de n'avoir pas eu à faire aux quelques 1800 Indiens qui accompagnent les Français... Le "massacre" qui suit la réedition du fort jette définitivement le discrédit sur les Français, décidemment incapables de tenir leurs "Sauvages" (Oswego a, l'année précédente, connu un épisode similaire). Le succès militaire et logistique est cependant incontestable, et Montcalm, qui ramène tout son monde à Fort Carillon, rate peut-être l'occasion de fondre sur Albany et infliger ainsi un coup décisif aux colonies britanniques.

La riposte anglaise

A partir de 1758, le rapport de forces s'inverse, avec le changement de politique des Anglais imprimé par le nouveau ministère de William Pitt. Délaissant le théatre européen, Pitt concentre l'essentiel de l'effort de guerre britannique sur les colonies, avec pour premier effet l'envoi massif de régiments réguliers au Nouveau Monde. Les plans britanniques pour 1758 sont simples: réitérer les opérations avortées ou échouées les années précédentes (prises du fort Duquesne et de Louisbourg) et déloger les Français du lac Champlain. Le major-général James Abercromby, qui remplace lord Loudon au poste de commandant en chef des forces britanniques en Amérique, s'attaquera au fort Carillon. Le brigadier John Forbes tentera la percée vers l'Ohio, mais en suivant une route différente de celle ouverte par le malheureux Braddock trois ans plus tôt. Enfin, le major-général Jeffery Amherst conduira une opération amphibie destinée à faire tomber Louisbourg, pour ouvrir la route de Québec à la Royal Navy (qu'il est prévu d'assiéger dans l'année si Louisbourg cède rapidement).

Se trouve ainsi réunie pour la campagne de 1758 la concentration record de 24000 réguliers britanniques et 22000 provinciaux, afin d'en finir une bonne fois pour toute avec ces maudits papistes.

A la fin du mois de juin, Abercromby a rassemblé sur les ruines du fort William-Henry 6000 réguliers et 9000 provinciaux, soit 15000 hommes qui vont marcher sur les 3000 hommes dont dispose Montcalm. Le général français, se sachant dangereusement en sous-effectifs, a disposé ses troupes en échelon le long de la Chute, depuis l'entrée du portage jusqu'à Carillon, espérant ainsi leurrer Abercromby sur la quantité de ses troupes. Le 3ème batallion du Berry tient le fort, le gros des troupes est stationné au moulin situé un peu plus au sud et une avant-garde est établie à la tête du lac George. Il a préalablement décidé la construction d'une ligne fortifiée d'abattis, qui s'étendra en travers de la péninsule devant le fort. Les plans sont tracés dès le 2 juillet, mais l'éclatement de ses troupes ne permet pas d'avancer convenablement.

Embarquement d'Abercromby pour Carillon
Ordre de bataille simplifié

Armée régulière Britannique

27th Foot (Lord Blakeney, ou The Inniskilling Regiment)
42th Foot (Lord John Murray, ou The Highland Regiment)
44th Foot (General Abercrombie)
46th Foot (Lt. General Thomas Murray)
55th Foot (Lord Georges Augustus Howe)
60th Foot (1st et 4th Bataillons, Royal American Regiment)
80th Foot (Gage Light Arm’d Infantry)
4th and 17th companies du Royal Artillery Rgt
His Majesty’s Independent Companies of Rangers (Major Robert Rogers)
Armée provinciale Britannique

Régiments du Massachusetts
Colonel Jonathan Bagley
Colonel Thomas Doty
Colonel Ebenezer Nichols
Colonel Jedidiah Preble Colonel Timothy Ruggles
Colonel William Williams
Bataillon d'infanterie légère (Rangers)
Colonel Oliver Partridge Régiment du New Hampshire Colonel John Hart
Régiment de New-York Colonel Oliver Delancy
Régiment de Rhode Island Colonel Henry Babcock Régiment du New Jersey Colonel John Johnson
Régiments du Connecticut
1st Colonel Phineas Lyman 2nd Colonel Nathaniel Whiting
3rd Colonel Eleazer Fitch 4th Colonel David Wooster Battoemen Colonel John Bradstreet
Indians (Mohawk)
Sir William Johnson

Armée Française

(General Montcalm)
Régiment de La Reine
(Chevalier de Lévis)
Régiment de Guyenne
Régiment Royal Roussillon
Régiment du Béarn
Anne-Joseph Hippolyte de Maurès de Malartic
Jean-Nicolas Desandrouïns
(Pierre Pouchot)
Régiment du Languedoc
Régiment de La Sarre
(François-Charles de Bourlamarque et Étienne-Guillaume de Senezergues)
Régiment du Berry
Louis-Antoine de Bougainville
Compagnies Franches de La Marine Miliciens Canadiens (300) officier de Raymond
officier de Saint-Ours
officier de Lanaudière
officier de Gaspé


5 juillet

La flotte anglaise, consituée de centaines de barges, bateaux et canoés, est signalée par les postes avancés français. Montcalm replie alors toutes ses troupes à Carillon, qu'il met enfin au travail sur les retranchements. Il laisse dans les bois en aval des partis d'éclaireurs composés de miliciens canadiens et de volontaires des troupes réglées et des compagnies franches de la marine pour surveiller l'avancée des Britanniques.

6 juillet

A l'aube, les Rangers et le 80th Light Infantry débarquent à la tête du lac George, suivis par le gros de l'armée anglaise, sous le regard des éclaireurs français qui, disséminés dans les bois alentours, n'offrent qu'une résistance sporadique avant de se replier. A Carillon, les travaux redoublent d'ardeur: tout le monde met la main à la patte, officiers compris. Les drapeaux sont plantés sur le retranchement, et le camp dressé directement derrière. Montcalm tiendra son bout de terre ou le Canada tombera.
Sur la rive nord du lac George, les Anglais ont achevé leur débarquement. En début d'après-midi, Abercromby met son armée en marche vers le fort, en 4 colonnes. L'armée s'engage dans les bois, mais la progression est hasardeuse et les troupes se trouvent très vite étirées sur une grande distance. Dans la matinée, Les Roger's Rangers sont aller sécuriser la traversée d'un cours d'eau appelé Bernetz Brook pour permettre à l'armée de passer. Vers 4 heures de l'après-midi, ils sont rejoints par Lord Howe, le très charismatique et compétant commandant anglais en second, à la tête de la quatrième colonne (composée essentiellement de provinciaux et de son 55th Foot) quand débouchent sur eux les 350 Français et Canadiens du capitaine Trépezec, égarés dans les bois depuis plusieurs heures. Le combat qui suit est des plus confus, aucun des deux partis n'étant préparé. Au terme d'un bref et violent échange de coups de feu, la colonne anglo-américaine repousse les Français qui laissent sur le terrain 150 morts, blessés et noyés, et 150 prisonniers.

Mais l'apparent succès fait l'effet d'une douche froide aux Britanniques: la bataille a semé la confusion au sein des colonnes dispersées dans les bois; stoppées par Abercromby qui craint la panique naissante de ses hommes (le souvenir du massacre des troupes du général Braddock en 1755 hante encore les esprits), elles retraitent dans la soirée au point de débarquement. Mais bien plus grave est la mort du brigadier-général George Howe, tué pendant l'engagement. La nouvelle dévaste le camp anglais, à commencer par Abercromby qui perd son officier le plus brillant. Dans son journal, Louis-Antoine de Bougainville, qui est avec Montcalm à Carillon, écrit le soir même: "Il avait surtout au suprême degrés ces deux qualités des héros: l'activité et l'audace. [...] Le plus glorieux pour lui est le regret de ses compatriotes et l'estime des Français. [...] Sa mort arrêta la marche. Les Anglais consternés nous donnèrent 24 heures de relâche et ce temps précieux a fait notre salut et celui de la colonie."

7 juillet

Les Français mettent l'inespéré répit à profit pour consolider leur ligne de défense. Pendant ce temps, les Britanniques sécurisent la route du portage et se remettent prudemment en route vers le fort.

8 juillet

La nuit précédente, les troupes françaises ont travaillé de plus belle sur le retranchement. Quand les officiers britanniques (avec à leur tête le lieutenant Clerk, ingénieur en chef) reconnaissent la position, elle leur apparait prenable par une attaque frontale: des milliers d'hommes s'activent la pelle à la main, dans ce qui ne semble être qu'une simple tranchée de terre. Le rapport qu'ils présentent à Abercromby achève de le convaincre d'enlever la position par un assaut direct, sans le soutien de l'artillerie (pourtant préconisé par ses officiers), qu'il serait trop long de mettre en batterie, réduisant les chances de prendre les Français au dépourvu. Il semble qu'il ait cherché par une victoire rapide et glorieuse à remotiver ses troupes déjà moralement battues à cause de la mort de Lord Howe. Ce qu'ils n'ont pas vus, c'est que le retranchement est quasiment achevé, et dans sa grande majorité camouflé par des feuillages ou masqué à la vue par la nature du terrain.

A 9 heures du matin, le général anglais forme ses troupes pour la bataille. Une première ligne de tirailleurs couvrira le déploiement des provinciaux, qui seront à leur tour couverts par les régiments réguliers, le tout réparti en trois brigades aux ordres de Haviland, Donaldson et Grant. Les 600 grenadiers forment une brigade temporaire commandée par Frederic Haldimand. Cette disposition, classique, est censée, si l'attaque est coordonnée et si les unités tiennent, emporter la décision assez facilement.

A 10 heures, les Rangers, les Lights et les équipages des bateaux débouchent des bois. Les piquets français avancés se replient en bon ordre. Derrière eux se forment graduellement les trois brigades sur trois lignes, puis en colonnes d'attaque. Les Français sur le retranchement viennent de troquer les outils pour leurs fusils. Chaque régiment travaille depuis 6 heures du matin sur l'emplacement où il se battra. La gauche est tenue par Bourlamaque, le centre par Montcalm et la droite par Lévis, arrivé la veille avec 400 soldats des troupes réglées. On a creusé à la hâte en travers de la plaine ouverte sur la droite du retranchement une tranchée, que l'on fait occuper par les miliciens canadiens. Pour compléter le dispositif, les canons du fort (les seuls utilisés lors de la bataille) couvrent la tranchée des Canadiens et le débouché de la Chute sur le lac Champlain.

Vers 12h30, les trois colonnes britanniques, trompées par la retraite de la première ligne française, s'ébranlent enfin. Les Rangers sont emportés par leur élan et poursuivent les Français. L'aile gauche anglaise n'a alors plus de couverture. Pour éviter le feu français, les régiments de tête attaquent sans ordre. Au bruit fait par les provinciaux devant lui, Haviland lance les réguliers de sa brigade à l'assaut, pour soutenir ce qu'il pense être une tête de pont dans le retranchement français. Quelle n'est pas la surprise des hommes qui, passant par dessus ce qu'ils croyaient être la fortification française, viennent donner dans les abattis consciencieusement camouflés par les Français! Mais l'attaque est lancée et, les uns après les autres, les régiments s'engagent dans le champ de troncs couchés, entremélés, aux branches acérées, à l'assaut du mur de troncs d'arbres formé sur la "crête" dominant la plaine. Les batallions français, calmement, ouvrent alors un feu nourri sur les Anglais. Montcalm a organisé sa ligne comme suit: 2 rangs de tireurs à l'avant, un troisième recharge les fusils; des piquets et les compagnies de grenadiers sont tenus en réserve derrière chaque batallion; le 3ème batallion du Berry, depuis le fort, approvisionne la ligne en munitions et en eau.

En l'espace d'une heure, Abercromby perd complètement le contrôle de sa brigade gauche. Toute cohésion entre les régiments britanniques a disparu. Les hommes, empétrés dans les abattis sont fusillés par les Français du haut du parapet. Le général anglais, voyant la situation lui échapper, ordonne aux deux autres brigades d'avancer pour débloquer la situation. A nouveau, les régiments sont disloqués. Plusieurs fois, Abercromby rappelle les colonnes. Plusieurs fois, les unités repartent à l'assaut du retranchement. Mais le courage et la volonté dont font preuve les Anglo-américains restent vains. La chaine de commandement britannique ne fonctionne plus. Derrière leur tas de bois, les Français continuent à semer la mort dans les rangs ennemis. Leur droite est cependant malmenée durant la première phase du combat. Ainsi, une partie des miliciens canadiens lâchent pied devant la colonne anglaise et quittent leur tranchée. Il n' y reviennent que sous le feu des canons du fort. De l'autre coté, sur la rivière, les Anglais tentent d'amener des batteries flottantes (montées sur barges) à portée pour prendre le retranchement en enfilade. Là encore, les canons du fort tirent et en coulent quelques unes, dissuadant Abercromby de toute véléité navale pour le reste de la journée.

Le carnage dure tout l'après-midi. A 18 heures, une colonne formée du 42nd Highlanders et de la brigade de Haldimand (grenadiers) tente une dernière poussée sur la droite française commandée par le chevalier de Lévis. La violence de l'assaut est telle que Montcalm doit s'y porter avec les piquets et grenadiers du centre. Quelques Ecossais viennent même mourir à l'intérieur du retranchement. Vers 18h30, la furia en kilt est finalement ralentie puis repoussée (le 42nd perd 642 hommes dans l'assaut, soit plus de la moitié de son effectif). L'échec de cette dernière tentative marque la fin des assauts britanniques, et vers 19 heures les troupes se retirent, couvertes par leurs companies légères et les Rangers.

Pertes

Armée Britannique

Les Anglais comptent environ 2.600 tués ou blessés, en incluant les pertes de l'action du 6 juillet (100 blessés et tués). Les chiffres suivant sont des estimations faites à partir des rapports français et anglais:
- 1000 tués et disparus
- 1500 blessés

Dont 34 officiers tués (Anglais et provinciaux) relevés par Abercromby.

Armée Française

D'après le rapport officiel pubié en France l'hiver suivant (l'état des pertes françaises disponible est beaucoup plus détaillé):

Pour le combat du 6 juillet:
6 officiers et environs 300 hommes tués, blessés ou prisonniers.

Pour le combat du 8 juillet: -12 officiers et 92 hommes tués
- 25 officiers et 248 hommes blessés
Soit un total de 377 hommes hors de combat ce jour.

Le total des pertes françaises pour l'ensemble de la campagne du fort Carillon s'élève ainsi à quelques 530 hommes.

Conséquences



Au soir de la bataille, les Français, bien que victorieux, savent qu'Abercromby peut revenir le lendemain; il en a les moyens, malgré les lourdes pertes subies dans la journée. Ils dorment sur le retranchement, se préparant à un nouvel assaut. Le 10 juillet, toujours sans nouvelle des Anglais, Montcalm envoie Lévis en reconnaissance le long du portage, qui confirme le départ de l'armée britannique. La veille, Abercromby a rembarqué son armée vers Albany, le moral au fond des chaussettes.

La défaite anglaise est cuisante. Elle l'est d'autant plus que la très large supériorité dont disposait Abercromby sur Montcalm a été complètement gâchée. Qui blâmer? Le général anglais certainement, qui, d'abord n'a pas su utiliser son artillerie comme il se doit. Il n'a manifestement pas non plus su asseoir son autorité sur ses officiers (d'où l'indiscipline lrde de conséquence lors des assauts successifs du 8 juillet). Pire encore, aucune réelle tentative de manoeuvre n'a été entreprise pour tourner le retranchement français. Il n'a en outre pas été aidé par la mort de George Howe. Il a non seulement perdu "l'âme" de son armée (Thomas Mante, dans son histoire de la Guerre Française et Indienne, rédigée juste après la fin du conflit), mais aussi un second compétent (Howe est à l'origine des premières unités régulières anglaises d'infanterie légère); son remplaçant, Thomas Gage, aura été, de façon surprenante, effacé tout au cours de la journée du 8. Les officiers de reconnaissance, qui n'ont pas su évaluer la réelle force des défenses fançaise. Roger également, dont les hommes, à l'indiscipline et à l'impétuosité reconnue par tous les officiers britanniques, ont complétement échoué à couvrir le déploiement de la gauche anglo-américaine. Haviland enfin qui, en décidant l'assaut de sa brigade derrière Roger, entraine toute l'armée britannique dans la confusion. Mais la leçon du jour demeure bien la suivante: le nombre seul ne peut rien. Bien plus que sur le théatre européen, la supériorité numérique sur un adversaire n'est pas en Amérique un facteur de réussite.

Si la campagne sur le théatre du lac Champlain est piteusement terminée pour 1758, les autres objectifs britanniques sont cependant atteints: le 26 juillet, Jeffery Amherst reçoit la capitulation de Louisbourg, après un débarquement des plus hasardeux (dans lequel s'illustre un certain James Wolfe) et un siège de deux mois; le 27 août, les Français rendent le fort Frontenac au colonel John Bradstreet, perdant leur lien direct avec le Pays d'en Haut; enfin, le 25 novembre le général Forbes prend possession des restes du fort Duquesne, tout juste détruit et abandonné par les Français.

Les réguliers britanniques, considérés avec mépris par les colons depuis la défaite de Braddock et la retraite honteuse de Dunbar en 1755, gagnent sous les murs de Carillon l'estime des Américains. Les provinciaux qui les avaient vu fuir devant les Indiens trois ans auparavant soulignent unanimement le courage et l'abnégation dont les réguliers ont fait preuve le 8 juillet. Cela aura pour conséquence une nette amélioration des relations entre les deux corps dans les campagnes à venir.

Côté français, c'est le Canada qui est sauvé. Les troupes, bien que chaudement engagées tout l'après-midi, ont fait preuve d'un grand calme et d'une détermination exemplaire. Montcalm remporte là sa plus éclatante victoire, démontrant une grande clairvoyance d'esprit face à une situation apparement désespérée. Le succès est en partie gaché par la querelle récurrente entre le Marquis de Vaudreuil (qui défend les Canadiens) et l'état-major français, chacun cherchant à s'octroyer seul les lauriers de la victoire. Quoi qu'il en soit, Montcalm battu sous Carillon, c'était laisser grande ouverte la route de la vallée du St-Laurent aux Anglais. C'était aussi laisser la colonie vide de troupe reglées, puisque le général français en avait avec lui la quasi-totalité (le reste étant enfermé dans Louisbourg...). Néanmoins, il sait pertinamment que ce n'est qu'un répit. La France n'envoie plus que du ravitaillement au compte-goutte, la Royal Navy a pris le contrôle de l'Atlantique et la colonie est minée par la corruption et la famine. L'armée déployée par les Britanniques en 1758 n'est qu'un avant goût du rouleau compresseur à venir en 1759...

Abercromby est relevé de son commandement à la fin de l'année et remplacé par Amherst, qui dirige les opérations en Amérique jusqu'en 1763. Quant au fort Carillon, il est abandonné en 1760 par les Français, qui replient les restes de leur force autour de Montréal, dernier bastion de Sa Majesté Très Chrétienne en Canada.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thino



Messages : 526
Localisation : Normandie

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 17:50

intéressant mais j'ai pas eu le courage de lire tout je vais lire là suite plus tard mais c'est déjà pas mal ^^, moi les seules petites batailles historiques que j'ai faite avec empire et napoleon sont presque toute les même donc voilà
tongue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cambronne



Messages : 492
Age : 21
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 18:24

Excellent Bernadotte!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Murat



Messages : 3633
Age : 22
Localisation : Noisy le grand (Ile de france)

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 18:32

J'ai finit et c'est très intéressant, les anglais ont vraiment fait une suite d'erreur: sous estimer les défense, ne pas obéir aux ordres et aussi ne pas utiliser l'artillerie, cela montre l'intelligence du commandement anglais Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lagarderoyale.forum-actif.net/forum.htm
Thino



Messages : 526
Localisation : Normandie

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 18:34

& Ouai foutu rosbif pig
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Soult



Messages : 2113
Localisation : Montpellier

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 18:45

Bernadotte, j'ai dejà lut les 10 premières lignes, c deja pas mal lol
j'essairai de finir ton récit ce week end

_________________


Si vis pacem, para bellum
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thino



Messages : 526
Localisation : Normandie

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 18:47

J'ai trouvé un plus feignant que moi xD What a Face What a Face What a Face
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Murat



Messages : 3633
Age : 22
Localisation : Noisy le grand (Ile de france)

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 19:09

Mais au fait ou a tu trouver ce récit car je pense que tu a quand même pas tout taper Shocked
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lagarderoyale.forum-actif.net/forum.htm
Thino



Messages : 526
Localisation : Normandie

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mar 11 Mai - 19:20

je pense aussi parce que sinon à moins qu'il à l'esprit littéraire chapeau pour tout avoir écrit ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Murat



Messages : 3633
Age : 22
Localisation : Noisy le grand (Ile de france)

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mer 12 Mai - 11:56

Oui et puis j'imagine qu'il connait pas par coeur l'histoire de toutes les battailles ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lagarderoyale.forum-actif.net/forum.htm
Cambronne



Messages : 492
Age : 21
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mer 12 Mai - 12:38

C'est possible on ne sait jamais Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bernadotte



Messages : 419
Age : 21

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mer 12 Mai - 15:10

non sa fait longtemps que je l'ai fait,je devais le poster chez les sw mais finalement je le poste ici
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Leclerc



Messages : 217
Age : 21
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mer 12 Mai - 15:51

Chapeau lol !

Très intéressent, quelle culture Bernadotte cheers
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Murat



Messages : 3633
Age : 22
Localisation : Noisy le grand (Ile de france)

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Mer 12 Mai - 20:19

Si tu sait tous ce qui s'est passé pendant cette bataille, tu va l'avoir facilement ton brevet d'histoire ^^

PS je suis pressé que tu poste un nouveau récit historique Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lagarderoyale.forum-actif.net/forum.htm
naptw



Messages : 88
Age : 22

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Sam 18 Déc - 22:06

y a trop, je vais peut être commencer demain, ou après-demain, ou le jour d'après, ou le jour d'après, ou... santa
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Murat



Messages : 3633
Age : 22
Localisation : Noisy le grand (Ile de france)

MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Dim 19 Déc - 10:19

Je me disais ca aussi et puis finalement je l'ai lu assez vite, j'étais d'ailleurs étonné ^^ en fait je doit être le seul a l'avoir lu et du coup on me croyait pas xD
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lagarderoyale.forum-actif.net/forum.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: la bataille du fort de Carillon   Aujourd'hui à 18:23

Revenir en haut Aller en bas
 
la bataille du fort de Carillon
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» VV 86 - Visite au fort Carillon
» Artillerie durant la bataille des Ardennes (1944)
» Conversion motos SM
» Bataille en Albion
» 1793 La bataille de Cholet

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La garde royale :: Forum public :: Récits historiques-
Sauter vers: